Les histoires ordinaires de la blasée

05 novembre 2015

Voilààà c'est finiiii

Dans les films ricains, quand tu quittes définitivement ton Taff; tu fais ton carton en mode vénère ou la mort dans l'âme; tu le remplis d'agrafeuses, de barres de céréales périmées qui traînaient dans le tiroir, d'un micro jouet automate Kinder en forme de hamburger; et au pire des cas, un cadre moche avec la photo des gens que tu apprécies dedans..
Moi je suis là; avec mon sac qui déborde, une peluche de crocodile d'1m de long; des instruments en bois dont un tambourin, qui n'arrête pas de tinter quand j'entre dans un métro, et qui effraie les passagers à l'idée que ça puisse être un shlag qui débarque avec sa sono pour chanter "Les amants de St Jean"; des plumes géantes de toutes les couleurs; des immondices à la peinture, sur des feuilles de papier ondulées par tout ce liquide étalé en bien trop grosses quantités; et des paillettes de cette même peinture, qui s'effrite partout sur mes fringues et sur mes bras fatigués.
Même ça, ça ne peut pas avoir un ton dramatique et sérieux.
En résumé, j'ai le seum putain.

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27 octobre 2015

La mixité, les sentiments, le multiculturel et ma frustration

Après ce dernier zone interdite sur les mariages mixtes qui représentent une population en plein essort, je me devais de revenir sur toute cette guimauve surbrillante et surbrillée, avec mon expérience personnelle sur le sujet.
Oui l'amour qui dépasse les frontières, c'est extraordinaire, c'est l'ouverture d'esprit, c'est la virée vers un monde meilleur et tolérant, c'est le baba au rhum dans une pâtisserie libanaise..
Mais qu'en est il des coulisses? De l'envers du décors? De cette cerise confite discount dégueu qui trône sur ce baba au rhum alors qu'elle n'a rien à faire là ?
J'ai décidé, à presque 30 ans et autant d'échecs amoureux, de suivre si jamais l'occasion se présentait, ce rêve qui ne m'a jamais quitté. De vivre cette idylle mixte comme l'avaient réussi mes parents. De vivre des disputes à la soupe de langues, au sens propres comme au figuré; de pressions douloureuses contre la poitrine dans des halls d'aéroports; avant de finir avec des petites progénitures parfaitement bilingues et épanouies dans un bonheur exacerbé.
Et puis j'ai rencontré David, un bel américain aux racines irlandaises; un grand barbu qui à toutes ces failles physiques qui nous amènent parfois à succomber pour un hipster après beaucoup, beaucoup, ( beaucoup ) d'alcool; mais sans en être un. Le combo parfait; de surcroît musicien; il a grandi dans le pays d'Elvis et son accent résonne partout comme une chanson des années 60 mythique sortie d'un vinyle qui crépite.
Ses yeux se plissent comme un millefeuilles quand il sourit, et sa rigule droite se referme sur un grain de beauté adorable qui existe juste pour vous faire tomber amoureux.
Il n'arrive pas à prononcer les "R" à la française, et même quand il dit des saloperies dans la langue de Molière, c'est enveloppé dans une douceur satinée indescriptible qui réussirai même à déclencher un sourire béât chez Louis Garrel.
Il est arrivé par hasard avec ses yeux mille feuilles et son grain de beauté d'adam; sans crier gare ni même aéroport; dans une enveloppe pixelisé d'un e-mail d'apparence trompeuse candide et innocente, comme un enfant soldat.
Nos vies se sont sournoisement emboîtées dans des appels quotidiens, des messages inutiles, des vidéos conférences fantasques, des lettres manuscrites pour la touche romantique; formant comme une tour de legos gigantesques et colorée au milieu de mon studio minuscule parisien, trônant autour des piles de solitudes sales et autres ennuis que je m'étais promis de ranger hier, avant hier, et y'a 5 mois.
Mon appartement a donc laissé place à une scène post tsunami, au milieu duquel trône cette tour magique par laquelle je jure quotidiennement; près d'une boîte à sucre métallique dans laquelle j'entasse les miettes de l'élaboration de mon rêve avec des billets minuscules; chacun me rapprochant, à vitesse d'escargots, des kilomètres à parcourir pour traverser l'océan.
Et puis hier, David est venu me parler de quelque chose, il est entré via mon télephone dans ce petit appartement bordélique, avec sa grande taille et ses grands bras et sa grande barbe, de façon si rapide, brutale et innatendue; que la tour de legos s'est effondrée dans un fracas silencieux d'un 3h du matin hivernal parisien.
Il l'avait déjà effleuré une première fois; avec des propos me paraissant assez éloignés de ma vision personnelle et profonde de la vie, sans s'en rendre compte; s'excusant presque de trop, aussitôt après avoir remarqué ma réticence et mon inquiétude, à ajouter ce lego que je tenais dans la main, au sommet de cette tour particulière.
Puis on avait décidé d'ignorer ça tout les deux, et de continuer à jouer et à créer cette architecture instable, dans l'illusion la plus totale.

Sauf que ce soir, il a sorti une petite phrase, avec toute la candeur et le naturel qui soit, ne réalisant pas qu'il venait de donner un grand coup là où il ne fallait pas.
Il est 3h et quelques du matin dans ce studio parisien, probablement moins trois degrés; et une tour de songes en plastique vient de s'écrouler à grande vitesse dans un bruit sourd et effacé.
Au milieux de ces dizaines de legos épars sur le sol se reflètent la force noire du côté obscur des différences culturelles. Celle qui fait que quelque chose qui puisse te paraître abjecte et stupide, ai bercé et conditionné un être humain sur une autre face du monde, et qu'il n'ai pas pu soupçonner l'ombre d'une seconde que tu ne puisses envisager de partager quoi que ce soit avec ce dernier suite à cette révélation à bout portant, tiré par un visage candide et angélique insoupçonnable et insoupçonné.
On se construit soi même, mais on oublie les facteurs extérieurs qui contribuent et conditionnent celui qu'on est. Il n'a rien fait de mal, il a juste été lui même; et qui sait si je n'aurais pas été pareil en vivant au même endroit, à la même époque.
"Pardon? J'ai pas fait exprès", sont probablement les seules choses qu'il aurait pu dire après ce crash qui combustionne encore; tandis que je presse sur ma taie d'oreiller tout mon sentiment sur lequel aucun nom n'existe; un truc entre choc, frustration, peine et honte; perdus dans un nuage de fumée noire.
Cette sensation de tempes qui claquent, de poitrine qui cogne, et de chute vertigineuse lancée à des milliers de kilomètres à l'heure; qui part du fond de la gorge jusqu'au fond du nombril, sans possibilité de freinage.
Voilà.. j'ai fait le voyage aller-retour Paris-Usa en moins d'une minute, à la vitesse de la lumière, dans le fond de mes entrailles.
Maintenant, et malgré le jet lag, j'ai une tonnes de légos à ramasser et à ranger, dans une boîte que je n'ouvrirai plus jamais.

 

 

tas legos

 

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23 septembre 2015

Hé les saltimbanques ?! Oui, VOUS! Ronds de cuir ..!

Vos vêtements sont horribles, votre optimisme sens les toilettes sèches en fin de festivals, votre niaiserie me donne le même ressenti que la contemplation de vos dents dévitalisées.
Pourquoi tant de haine, je ne pourrais jamais l'expliquer.
Pour moi, quand on aime la trompette, qu'on porte un bandana ( putain je peux pas croire que j'ai écrit ça, un BANDANA), un chapeau de cubain mais version chinoise, qu'on lit Baudelaire et qu'on se pense philosophe, qu'on critique le système sociétal alors qu'il nous fait vivre, qu'on utilise le mot "bohème" comme on expire, et qu'on s'autoproclame "artiste" alors qu'on produit rien ou alors juste de la merde; on est prédestiné à mourir.
Mourir, parce que des gens comme moi auront prié pour que vous n'existiez plus.

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20 août 2015

Cet été j'ai voyagé dans un pays du tiers monde.

Cette expérience m'aura appris au moins une chose: je ne suis pas une baroudeuse. Je suis une vraie et pure parisienne.
Faire le tour du monde oui; mais pas sans machine à laver ni eau minérale et pas dans un climat humide.
Après mon environ 21ème petit déjeuner ( avec tout de même une pause salvatrice en Malaisie ) à base de galettes fades et de vermicelles à la crème non pasteurisée à la cardamome; et de gâteaux de blédards ayant vécus dans le frigo depuis probablement avant ma naissance; mon ventre est fatigué et mon cerveau fantasme sexuellement sur du chocolat.
Notez également qu'il ne faut jamais manger quoi que ce soit d'industriel en se rassurant parce que c'est une marque américaine SI le paquet est entamé.. JAMAIS ! JAMAIS faire ça!!
J'ai porté des fringues dont l'odeur d'humidité mélangée à diverses effluves non identifiées m'ont presque fait perdre connaissance à l'idée que ça puisse être bien moi qui sente aussi horriblement; je les ai d'ailleurs relavées plusieurs fois avec du shampoing Sunsilk parce qu'ici on a un écran plat mais pas de machine à laver.. ( tentative vaine d'ailleurs, je sens toujours comme les angles des couloirs du métro ).
J'ai survécu à la perte de feu ma blouse préférée, qui s'est éteinte sous les coups d'une "gouvernante" qui a jugé sympa de la laver dans le carré des toilettes turques, ainsi que de feu mon soutien gorge le plus cool parce qu'elle a tordu une baleine en l'essorant comme une serpillère .. \o/
J'ai compris que je ne pourrais jamais trouver le sommeil dans une pièce où c'est le fast&furious des blattes qui font la taille de ma main.
J'ai également compris qu'il était inutile de garder un emballage dans ses mains toute la journée pour préserver l'écosystème, car après la joie de trouver une poubelle chez quelqu'un au bout de 6h, elle sera vidée par la fenêtre sous nos yeux ronds et notre gorge nouée à sec par le manque de mots à pouvoir balancer face à ça.
J'ai appris que le clignotant n'existe pas, que le klaxon est de rigueur sans interruption, et qu'il faut rédiger son testament avant de prendre un bus de nuit ( parce qu'il roule à 110 sur n'importe quelle route, qu'il double sur voie à double sens et se rabat souvent à la dernière minute).
Bref ici la nature c'est bien, l'urbanisme ça craint.
À mon retour en France ( si je survis ), je veux un resto gastronomique français, des draps qui sentent le skip machine, et un putain de sac de M'nm's.

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Ou le curry.

Rie jaune..ça doit être la nicotine.

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Question existentielle suite à conduite dans le 30.

Il s'est passé quoi dans le Gard en fait?
Y'a eu un espèce de phénomène tchernobyl gardé secret pour des raisons politiques ? ou une effusion de consanguinité par peur de dissolution identitaire ?

Posté par Lablasee à 20:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Oh la faille là oh..!

..c'est que même l'insipide peut créer en vous cette chose innommable qui laisse une scène dévastatrice d'un chaos horrifiant au fond de soi.
Juste avec quelques armes: Le temps, l'ennui, la répétition, l'installation d'un repère spatio-tempo-affectif, et un joli minois.
Tout ces facteurs assemblés peuvent créer la confusion intérieure ultime qui met sentiments et ressentis sur un dangereux pied d’égalité. Il est alors plutôt facile d'assimiler les choses n'importe comment et d'avoir une sensation de mal au ventre alors que c'est l'ego qui crie de douleur à en chialer par terre.
J'ai perdu ma peluche préférée si tu préfères. Elle était jolie et elle sentait bon. Rien de plus à creuser.
Rien n'est insurmontable. Mais j'ai plus de cigarettes. J'ai plus de mouchoirs non plus.
Et j'ai mal au ventre.

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La réalite quand tu es une FILLE et que tu es véhiculée.

Et c'est là que tu te rends compte que tu n'as parfois aucun moyen d'échapper à l'humiliation intérieure ultime qu'est celle ressentie lorsque tu dois te soumettre aux petites gens les plus extrêmes.
Ces personnages qui, comme des légendes urbaines, sont tapies dans l'ombre avec leur esquisse de morceau de cerveau suffisant pour t'entuber, et leurs doigts noirs..
Mon ego souffre, mais je ne suis pas mécano..

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Voyage en train

J'veux pas faire ma bourgeoise, mais la seconde classe c'est vraiment un fléau..
POURQUOI faut il que je me retrouve à côté d'une cas soc'; qui s'est trompé de place en plus; qui pue le shalimar, qui transpire la merde de la bouche et du cul et de sa mauvaise foi; et de son portable qui hurle parce qu'elle ne sait pas le régler ..

Le plus drôle dans tout ça c'est qu'elle a les dents du bonheur...

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Note pour toujours

Note pour toujours: Si tu ramènes un garçon dans ta chambre à 5h du matin et qu'il s'intéresse plutôt à ta guitare, c'est qu'il est soit mélomane, soit victime d'un manque cruelle de générosité de la nature.
#Jauraistellementaiméquetusoismélomane..

Posté par Lablasee à 20:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]