Dans les films ricains, quand tu quittes définitivement ton Taff; tu fais ton carton en mode vénère ou la mort dans l'âme; tu le remplis d'agrafeuses, de barres de céréales périmées qui traînaient dans le tiroir, d'un micro jouet automate Kinder en forme de hamburger; et au pire des cas, un cadre moche avec la photo des gens que tu apprécies dedans..
Moi je suis là; avec mon sac qui déborde, une peluche de crocodile d'1m de long; des instruments en bois dont un tambourin, qui n'arrête pas de tinter quand j'entre dans un métro, et qui effraie les passagers à l'idée que ça puisse être un shlag qui débarque avec sa sono pour chanter "Les amants de St Jean"; des plumes géantes de toutes les couleurs; des immondices à la peinture, sur des feuilles de papier ondulées par tout ce liquide étalé en bien trop grosses quantités; et des paillettes de cette même peinture, qui s'effrite partout sur mes fringues et sur mes bras fatigués.
Même ça, ça ne peut pas avoir un ton dramatique et sérieux.
En résumé, j'ai le seum putain.